Éditorial – Tennis : La fin d’un enfer

La France du tennis a enfin retrouvé des couleurs durant un week-end

Des supporters français en plein extase, des joueurs et un capitaine au 7ème ciel et tout un peuple qui ne peuvent leur dire qu’une chose : merci. Du vendredi 24 au dimanche 26 novembre 2017 et après 3 jours de rebondissements et de doutes dans un Stade Pierre Mauroy de Lille en ébullition côté français comme belge, l’équipe de France de Coupe Davis a effacé le temps d’un week-end 16 années de galère et de défaite, dont 3 finales perdues en 2002, 2010 et 2014.

Une reconstruction qui a pris du temps, car il est vrai que les Français avaient vraiment les capacités d’aller chercher la fameuse Decima beaucoup plus tôt, comme en 2002 quand Paul-Henri Mathieu menait 2 sets à 0 face au russe Mikhaïl Youzhny lors du match décisif à Bercy mais craque complètement en fin de match en loupant notamment plusieurs balles de match durant le 4ème set et laisse échapper le Saladier d’Argent aux Russes, ou encore en 2010 quand les Tricolores font la bonne affaire en menant 2-1 face aux Serbes au début du dernier jour mais craquent aussi dans une Belgrade Arena chaude bouillante qui n’hésite pas à siffler les joueurs français pour aider leurs compatriotes serbes à se surpasser et à remporter le titre pour la première fois de son histoire chez elle. Et on ne vous parlera pas de 2014 car en face, la Suisse était beaucoup trop forte pour les Bleus, avec Roger Federer et Stanislas Wawrinka. Le temps a fait son ouvrage, et avec l’émergence de grands joueurs sur le circuit mondial comme Jo-Wilfried Tsonga, de Gaël Monfils (qui n’a pas participé à la finale), de Richard Gasquet, ou encore celles plus récentes de Lucas Pouille, du duo Pierre-Hugues Herbert/Nicolas Mahut en double et du retour en force de Julien Benneteau, la France a su retrouver des couleurs sur le plan international. Ajoutez à cela le dernier vainqueur français de Roland-Garros qui a déjà gagné 2 fois la Coupe Davis en tant que capitaine et vous obtenez la recette miracle de cette victoire.

Victoire facile ou complexe ?

Il faut avouer que cette année, les Bleus ont eu de la chance dans cette campagne, car lors de chaque confrontation avant la finale, ils n’avaient pas en face le joueur type du pays qu’ils affrontaient : le Japon sans Kei Nishikori, la Grande-Bretagne – tenante du titre – sans Andy Murray ou encore la Serbie sans Novak Djokovic. Oui, on peut dire qu’ils ont eu de la chance cette année. Sur le papier pour ce week-end, la France était considérée comme favorite. Mais face à eux durant cette finale, ils ont eu en face le grand et talentueux David Goffin qui vient de sortir d’une fin de saison parfaite avec 2 titres sur le circuit ATP et une place de finaliste lors du Masters de Londres, où il a battu durant la même semaine les 2 plus grands joueurs de l’histoire du tennis : Rafael Nadal et Roger Federer. Et ajoutez aussi au menu Steve Darcis, surnommé « Monsieur 5ème match » pour avoir gagné 5 matchs décisifs en 5 fois, dont lors de la demi-finale face à l’Australie. Et dès le premier match Pouille-Goffin, le Belge a su montrer la couleur de sa progression fulgurante. Pouille n’a tenu qu’un set avant de lâcher (5-7, 3-6, 1-6), mais il a pu compter sur Jo-Wilfried Tsonga qui n’a pas eu à forcer face à Steve Darcis (6-3, 6-2, 6-1) pour égaliser. Lors du double de samedi, Richard Gasquet et Pierre-Hugues Herbert ont facilement exterminer les Belges Ruben Bemelmans et Joris De Loore en 4 sets (6-1, 3-6, 7-6, 6-4), avant de laisser la fin de la tâche à Tsonga dans un premier temps qui a fait pareil que son coéquipier Pouille quand il a affronté Goffin en le tenant en laisse dès le premier set mais a craqué lors du jeu décisif et a ensuite remballé l’affaire (6-7, 3-6, 2-6), et à Pouille dans un deuxième temps comme le seul sauveur du pays face à un joueur qui peut facilement se transcender quand il le faut ; Pouille rejoint le club très fermé des joueurs français qui ont apporté la victoire finale en Coupe Davis, avec Guy Forget, Arnaud Boetsch et Nicolas Escudé, ce qui n’est pas le cas de Tsonga, qui pourra s’en vouloir de ne pas avoir apporté le point décisif aux Tricolores. Il reste maintenant à savoir si cette équipe victorieuse va être reconduite en 2018, pour aller chercher un onzième Saladier d’Argent, et dès le début du mois de Février prochain face aux Pays-Bas à Albertville. En tout cas, ils ont largement le temps pour profiter de cette victoire, avant la reprise de la saison avec l’Open d’Australie en Janvier prochain…

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